Innovation santé : la place des complémentaires santé

publié le 17 mars 2022

Les complémentaires santé sont reconnues pour leur prise en charge des soins non remboursés par l’assurance maladie. Mais leur rôle ne s’arrête pas là.

A travers leurs investissements et leurs expérimentations, elles soutiennent l’innovation et contribuent à la transformation du système de santé dans sa globalité. Le 9 mars dernier, à l’occasion du salon MedInTechs, Hervé Naerhuysen, Directeur Général du Groupe PRO BTP, animait une table ronde sur la place des complémentaires dans la santé d’aujourd’hui et de demain. Autour de lui : Thierry Martel, Directeur Général de Groupama et vice-président de France Assureurs, Marie Ekeland, fondatrice et présidente du fonds d’investissement 2050 et Eric Carreel, président et fondateur de Withings. 

 

 

LES GRANDS THEMES ABORDÉS LORS DE CETTE TABLE RONDE

1. Efficacité et efficience des complémentaires santé

Si l'espérance de vie après 65 ans s'est beaucoup accrue au cours des dernières décennies (19,5 années en moyenne dans les pays de l'OCDE en 2015), l'espérance de vie en bonne santé ne suit pas la même progression (9,4 années en moyenne en Europe en 2015). Et pour cause, un peu plus de la moitié des personnes âgées de plus de 65 ans rencontrent des difficultés à accomplir des activités de la vie quotidienne à cause d'un problème de santé et expriment des besoins pour des soins de longue durée.

Par leur action, les complémentaires santé sont en première ligne pour améliorer cette situation.

  • Elles participent activement à la prévention. Par exemple, elles ont été les premières à reconnaître l’utilité des médecines douces et des thérapies psychologiques qu’elles participent à rembourser ;
  • Elles facilitent l’accès aux soins en finançant des dispositifs de télémédecine ou en remboursant les dépassements d’honoraires ;
  • Elles luttent pour le pouvoir d’achat. Grâce à leurs réseaux de soins, elles permettent à chacun de bénéficier de soins de qualité à tarif maitrisé. En audioprothèse, par exemple, elles peuvent réduire le prix d’un appareillage du tiers ou de la moitié.

 

2. Une relation privilégiée avec les assurés, source d’innovation 

La proximité des complémentaires santé avec leurs assurés facilite la remontée d’information. Au fait des besoins du terrain, elles peuvent proposer des solutions réellement attendues par leurs adhérents. Elles ont en plus l’agilité pour mettre rapidement en place des expérimentations. « C’est cette proximité très forte avec nos assurés santé qui nous permet d’être les poumons de l’innovation en santé », réaffirmait à ce sujet Hervé Naerhuysen. La collaboration de PRO BTP avec la start-up BioDataBank est un excellent exemple dans le domaine. Ensemble, ils ont mis à disposition des entreprises du BTP un bracelet intelligent permettant d’analyser la température corporelle et donc d’éviter les coups de chaleur. 

 

3. Les données au service de l’humain, de la prévention et de l’innovation

En France, l’accès à des données pour créer de nouvelles technologies est souvent source d’inquiétude. Pourtant, cela peut aussi être considéré comme une véritable opportunité, un atout considérable pour l’avenir de la santé. Elles permettent notamment de faire avancer les moyens de recherche en termes de diagnostic et de prédiction.

Eric Carreel, figure de la French care, en est convaincu. Avec ses appareils connectés, il souhaite donner aux personnes les moyens d’agir pour leur bien-être. En incluant les complémentaires santé dans le processus, cela permettrait à tous de réaliser des économies. La preuve aux États-Unis où plusieurs programmes de coaching sont proposés via les mutuelles pour faire perdre du poids. Résultats : ces quelques centaines de dollars déboursés dans un programme et un objet de santé connecté évitent d'avoir à dépenser les milliers de dollars nécessaires pour soigner un malade chronique. 

 

4.    Aligner les assureurs, les entreprises, les investisseurs avec le bien commun
Figure emblématique du capital-risque français, Marie Ekeland a lancé un nouveau fonds, baptisé 2050. Ce nouveau véhicule financier entend attirer des projets qui souhaitent aligner leurs intérêts économiques avec ceux de la société et de la planète. Dans une mécanique de contribution, 2050 annonce que 10 % des souscriptions et 50 % des commissions de performance seront redistribués aux communs stratégiques comme la santé. Cela pouvant être des infrastructures technologiques open source, des travaux de recherche ou des cours en ligne.

Tout cela bien sûr en gardant en tête un objectif de rendement, afin de concilier l’intérêt financier avec l’intérêt général. Comme l’a rappelé le directeur général de PRO BTP « Nous devons être tous ensembles, former un écosystème collectif entre les pouvoirs publics, les complémentaires santé, les entrepreneurs qui ont des idées innovantes et les investisseurs qui savent détecter les innovations. »